14/10/2008
Entretien avec Louis Aliot (partie 1) : « Si la situation empire, le retour du franc n’est pas inenvisageable »
Ce n’est plus un mystère : Louis Aliot, secrétaire général du Front national, est candidat à l’investiture pour conduire la liste du FN aux élections européennes de juin 2009 dans la circonscription Sud-Ouest, qui comprend les régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Celui qui voue une indéfectible fidélité à Jean-Marie Le Pen a accordé un long entretien à Novopress, dont nous publions aujourd’hui la première partie. Il nous expose notamment sa conception de l’identité.
Novopress : Pour quelles raisons êtes-vous candidat pour mener la liste du Front national dans la région Sud-Ouest pour les prochaines élections européennes ?
Louis Aliot : Parce que j’y suis né, j’y vis et j’y milite depuis 1990. Parce que j’ai été le responsable FNJ pour les régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, parce que je suis seul élu d’une ville de plus de 100.000 habitants (Perpignan), président de groupe au conseil régional de Midi-Pyrénées et secrétaire général du FN, je pense représenter un atout pour le FN dans cette circonscription. J’ai la chance d’être culturellement de cette terre et d’avoir une bonne connaissance du terrain. J’ajoute que mes résultats électoraux sont significatifs, que les militants me connaissent bien et qu’ils me soutiennent dans ce projet. Pour d’autres raisons aussi que je n’exposerai pas ici mais qui touchent à la fidélité, au respect et à la discipline. Je suis un militant avant tout et je vous rassure, si je ne suis pas choisi, je n’en ferai pas une affaire d’Etat. Unité d’abord !
« Vous me rétorquerez que je hisse le lepénisme à un niveau important ? »
Le Front national est « contre cette Europe-là ». Mais pour quelle Europe êtes-vous ? Concrètement, comment organiser l’Europe que vous souhaitez ? Par une réforme des institutions européennes ? Une renégociation des traités ? La France doit-elle sortir de l’Union européenne ? Et de la zone euro ?
L’Europe des peuples et des Etats ! Assez proche de celle que développait le général De Gaulle en son temps. Celle d’Ariane et d’Airbus. Une Europe de coopération entre Etats sur des sujets précis, la consécration des droits nationaux sur le droit européen, la refonte de l’Europe dans un traité unique qui respecte les peuples, les identités et les indépendances. Quant à la question de la monnaie, Jean-Marie Le Pen a lancé l’idée de l’« euro-or », seul moyen de sauvegarder notre système économique mis à mal par l’idéologie ultralibérale et destructrice de la Banque centrale européenne (BCE). Reste que si la situation empire, le retour du franc n’est pas inenvisageable.
Carl Lang a récemment déclaré dans les colonnes de Minute que la priorité est de stopper le « processus de colonisation ethnique » de la France. Partagez-vous ce point de vue ?
Si je suis rentré au Front national, c’est particulièrement pour cette idée. C’est Jean-Marie Le Pen le promoteur de cette idée et personne d’autre. Il a eu le courage et la clairvoyance de le dire au moment où personne n’y croyait. Carl et tous les autres, dont je suis, ne sommes que les ambassadeurs de ce combat, les maillons d’une chaîne dont l’acier est évidemment lepéniste. Vous me rétorquerez que je hisse le lepénisme à un niveau important ? Et bien oui, car dans la situation de décadence actuelle et sous la pression de tous les corps constitués, sociaux, philosophiques ou religieux, il a tenu bon et nous l’avons suivi dans ce combat de résistance. On pourra toujours gloser sur ses échecs, ses erreurs, ceci ou cela… Ce n’est pas un dieu, c’est un homme politique et un soldat qui a ouvert la voie. Sans Le Pen, nous ne serions pas là ! Ce qui relativise beaucoup les querelles d’intérêts, de personnes ou les attaques de transfuges du FN.
« Si vous ne voulez pas de l’Algérie française, vous aurez la France algérienne ! », disait le jeune député Le Pen à la tribune de l’Assemblée nationale. Cinquante-deux ans après, il a raison. Et surtout, il avait raison contre celles et ceux qui prônaient l’abandon de l’empire pour ne pas avoir à subir une coexistence avec d’autres peuples à l’image d’un De Gaulle qui ne voulait pas voir un jour l’existence de « Colombey-les-deux-mosquées » (Patience, patience, au rythme où nous allons, c’est pour demain !). Et bien aujourd’hui, ils ont les deux ! Le déshonneur d’avoir largué l’empire, et notamment l’Algérie avec tous les crimes et les abandons qui s’y rattachent, et celui d’avoir favorisé une immigration qui, aujourd’hui, nous menace dans ce que nous sommes.
« Une personne qui dit que le Coran est sa Constitution n’a rien à faire dans notre pays »
Les Français d’origine immigrée (nous parlons ici des extra-européens) peuvent-ils être des Français comme les autres dès lors qu’ils ne correspondent à aucun des critères énoncés par le général De Gaulle : « Nous sommes avant tout un peuple européen, de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne » ?
Le seul problème, c’est que la criminelle politique de décolonisation du général De Gaulle a conduit à l’« invasion » dont Valéry Giscard d’Estaing parlait à juste titre et dont nous subissons aujourd’hui les effets dramatiques. Sans parler de ses successeurs qui ont dilapidé l’héritage et préféré faire le choix de l’immigration plutôt que celui de la natalité. C’est un choix idéologique guidé en partie par l’économique, mais criminel en soi.
La formule de De Gaulle est intéressante, évidente, réaliste, de son temps, mais comme toujours avec les politiciens, ses actes ont été en totale contradiction avec ce constat et la préservation de cette homogénéité nationale, culturelle, territoriale, religieuse et ethnique. Pour autant je ne tombe pas dans le panneau de cette citation qui souffre évidemment d’exceptions avec lesquelles il faut compter.
La France a été un empire et a fait de ceux qui ont choisi la France avant les indépendances, quels qu’ils soient, des Français à part entière. Notre combat pour les Harkis, la défense de l’armée d’Afrique que mène inlassablement Roger Holeindre ou la défense de l’Empire en tant que tel est l’héritage de notre famille politique. Le FN est de cette lignée.
Mais la question se pose sur le traitement de l’immigration en tant que telle. A la marge et dans des proportions bien comprises, cela n’est pas gênant. Mais nous devons garder la maîtrise des flux en imposant des mesures draconiennes d’accueil et toujours dans l’esprit d’un retour au pays. Je connais bon nombre de Français musulmans qui aiment leur pays, la France, et qui rejettent cette immigration idéologique et économique. Ils ne revendiquent rien, ne veulent pas de statut particulier, ni de mosquées et veulent devenir sur plusieurs générations des Français à part entière, comme hier les Martinez, les Da Silva, Schenardi et consorts, assimilés à la nation française par l’armée, quelquefois la guerre, l’école, le champ, l’usine ou l’atelier. Reste le problème de l’Islam qui pose un problème réel à notre système laïc.
L’inversion des flux est une nécessité vitale et que l’on ne nous dise pas qu’on ne peut pas en renvoyer une partie. En quelques mois, plus d’un million de pieds-noirs ont quitté leur terre, contraints à l’exil dans des conditions épouvantables. Un gouvernement du FN sera beaucoup plus humain, respectueux, loyal que ne l’ont été les gouvernements de l’époque et leurs alliés objectifs qu’étaient les communistes et les socialistes.
Mais seul un Etat fort, souverain et indépendant pourra rétablir cette logique économique et humaine. Tout cela en partenariat avec l’Afrique, car le fond du problème est là-bas. En 2025 ce continent aura dépassé le milliard d’habitants dans une misère innommable. Que pourrons-nous faire ? Pas grand-chose dans notre état de faiblesse démographique, politique, économique et sociale.
L’inassimilation de certaines populations pose le problème des conditions de leur assimilation éventuelle. De deux choses l’une :
• soit ces populations ne veulent pas s’intégrer et même pire, nous imposent petit à petit leur culture, leurs coutumes, leurs manières de vivre, souvent rétrogrades et nous devrons en tirer toutes les conclusions ;
• soit ces populations souhaitent réellement devenir françaises et là, elles doivent s’adapter à nous et pas le contraire.
Notre devoir est de recréer un cadre contraignant et non négociable de vie commune : l’histoire doit être remise à l’endroit (sans repentance aucune) et le service national rétabli ou du moins une forme de service ; l’école doit être intraitable et apprendre à aimer la France, à savoir lire, écrire et compter. L’expulsion doit être immédiate pour tous ceux qui ne respectent pas les règles. Une personne qui dit que le Coran est sa Constitution n’a rien à faire dans notre pays. Il peut très bien vivre son Coran dans un pays ou la charia s’applique.
Les grandes lignes d’une politique authentiquement nationale ? Revitalisation de la politique nataliste et familiale avec une véritable politique d’accueil de la vie ; inversion des flux migratoires, arrêt des aides sociales et application du principe de préférence nationale. Ce n’est qu’à ces seules conditions que nous nous rétablirons. Dans le cas contraire, nous serons submergés sans avoir eu le temps de dire ouf ! L’évolution de la démographie se chargera de notre disparition.
« La nation est un très juste équilibre entre le trop petit régional et le trop grand mondial »
Etes-vous du côté de ceux qui défendent une identité charnelle et enracinée dans ses communautés naturelles et historiques (incluant donc la part d’identité régionale) ou de ceux pour qui l’identité nationale est avant tout constituée par le respect des valeurs républicaines ?
Une part d’identité régionale, oui ! Mais pas que l’identité régionale. A Perpignan, en Roussillon, les catalanistes essaient d’imposer leur langue, non pas comme une identité charnelle mais comme un moyen de s’amarrer à l’Espagne pour l’économie essentiellement. La part de l’enracinement dans leur politique est folklorique. C’est tout. En fait, les nationalistes catalans et les européistes communautaristes favorisent le démantèlement de l’Etat-nation France par le financement d’opérations plus ou moins utiles. Que pèsera le catalan face au développement de l’immigration maghrébine que connaît ce département ? Nous sommes à quelques encablures du Maghreb.
Je dis attention ! Je suis évidemment pour tout ce qui enracine les individus. Mais il ne faut pas être dupe de la manipulation qui existe. Ce n’est pas un hasard si la gauche la plus extrême est systématiquement au soutien des mouvements régionalistes. Et dans certains cas, les mouvements sont même financés par des Etats étrangers. J’ajoute que les communautarismes ethniques ou religieux sont entrés dans cette brèche particulariste pour avancer leurs pions. La nation est un très juste équilibre entre le trop petit régional et le trop grand mondial.
Si je prends mon exemple, mes grands-parents ariégeois parlaient et écrivaient l’occitan qui était leur langue de vie. La génération d’après, celle de mon père, l’écrit et le parle, mais l’occitan avait disparu comme langue de vie. Ma génération le comprend, le lit, mais ne le parle pas. Cette lente évolution est aussi l’évolution de notre société toute entière. Comment est-on passé du latin à l’occitan ? Et de l’occitan au français ? Pourquoi ne pas revenir au latin, langue européenne et civilisationnelle par essence ?
Des régions résistent ? Tant mieux ! En Alsace, en Corse, en Bretagne, aux Pays basques, ici ou là, quelques cultures locales existent encore. Elles participent de l’identité nationale.
Mais regardons les choses en face. Bientôt en France, la troisième langue parlée, après le français et l’anglais (langue des affaires, du commerce, de l’Europe et de la diplomatie aujourd’hui) sera l’arabe. Il faut être conscient de cela. Alors les régionalismes oui, tant qu’ils ne pénalisent pas la nécessaire reconquête nationale qui passe d’abord par la reconquête de notre langue, le français !
Pour en revenir à l’identité nationale, elle est un tout, enracinée dans une terre, façonnée par une histoire dont la république fait partie intégrante. Non pas les valeurs de la république qui ne veulent rien dire et qui sont l’héritage de nos adversaires, mais la république en tant que schéma d’organisation des pouvoirs. Pas plus, mais pas moins. Pas de valeurs mais des outils au service de la chose publique. Vous connaissez la formule de Péguy : « La république est la quatrième dynastie qui a régné sur la France. » A ce titre, elle fait partie intégrante de l’identité pour peu qu’elle garde sa caractéristique de française. Et c’est là que le bât blesse. Notre république n’est plus française, elle est autre, elle est mondialiste et impose un modèle monoculturaliste mondial destructeur de notre identité, dont l’immigration est l’une des armes.
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