16/12/2008

Les collectivités territoriales ne connaissent pas la crise. Il suffit, tout simplement, d'augmenter les recettes.

 Le matraquage fiscal : une spécialité de la gauche !

Perpignan - Conseil général : le budget 2009 sera difficile à boucler

Dépenses en hausse de 42 M E , recettes en baisse de 2 %. Ces chiffres sur fond de crise bancaire suffisent à mettre la collectivité en difficulté. Le débat d'orientation budgétaire d'hier devrait déboucher sur le vote d'une hausse d'impôt dans dix jours.

A près une année 2008 atone, les taux d'impositions risquent de rebondir subitement l'année prochaine dans les P.-O. La mauvaise surprise devrait tomber deux jours avant Noël, lors du vote du budget départemental 2009. Si rien n'a encore été officiellement annoncé, il apparaît somme toute évident que le conseil général doit trouver de nouvelles recettes pour équilibrer son budget. Un sentiment révélateur du bilan mitigé prononcé par le président de la commission des finances, Robert Garrabé, demandant une "réflexion sur l'augmentation de l'impôt dans une conjoncture économique difficile".
Plusieurs explications à ce changement de cap fiscal ont été apportées hier lors du traditionnel DOB (débat d'orientation budgétaire) précédant le vote qui aura lieu le 22 décembre prochain. La principale raison, décriée à l'unanimité des conseillers généraux de gauche, incombe à la réforme de la décentralisation.
42 M E de dépenses supplémentaires
"Malgré une situation financière saine préservée jusqu'ici, le département des P.-O. comme tous les départements français, se voit maintenant en charge de nouvelles compétences dans l'Equipement, l'Education, le médico social, le handicap, etc, en plus des autres dépenses obligatoires comme le RMI, les pompiers, les collèges et j'en passe. Il n'est donc pas étonnant que ces nouvelles attributions impactent gravement le budget. Le plus aberrant, c'est que, malgré ces transferts, nous constatons une baisse des dotations de l'Etat. Bref, c'est à nous d'avaler les 42 millions d'euros de dépenses supplémentaires". Christian Bourquin fulmine.
Car à cela s'ajoute la crise économique bancaire qui inquiète de plus en plus dans les rangs de l'assemblée départementale. Au point de remettre en question l'investissement ? Le président du conseil général n'est pas de cet avis. Il préconise même "un investissement pour relancer le pouvoir d'achat". Jean Rigual, pour l'opposition, répond que "les 3/4 des achats que feraient les populations au supermarché seraient des produits fabriqués à l'extérieur de la France".
"Prise de conscience collective"
Le président du conseil général rétorquera que "cette politique menée en 2002 par Jospin avait porté ses fruits". Cette prise de bec est en tout cas symptomatique de la situation économique. D'autant que celle-ci pourrait aller en s'aggravant, notamment pour les collectivités locales. Jean Vila en appelle d'ailleurs au rassemblement des conseils généraux pour qu'ils s'adressent au gouvernement. "La prise de conscience est donc collective". C'est ce que retiendra pour finir Robert Garrabé. Forts des éléments apportés au débat, il reste maintenant aux conseillers généraux "à revoir les dépenses et maîtriser les remboursements pour équilibrer le budget 2009". Et cela passe forcément par la hausse de l'impôt.

 

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